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  • EST-CE QUE LE VOLUME EST BON ? Jacinthe MAARIFA questionne en se questionnant…

    EST-CE QUE LE VOLUME EST BON ? Jacinthe MAARIFA questionne en se questionnant…

    Maintenant que j’ai retrouvé mon stylo perdu depuis un temps, j’aimerai vous adresser une question. Ou mieux nous adresser une question. Et ma petite question est tout simplement celle de savoir s’il est vraiment raisonnable de poser des questions en cette période. Eh bien, moi-même je ne sais pas. Chacun de nous apparait s’affichant sur son visage la lassitude, l’embarras. Il n’est donc pas approprié de poser maintenant des questions. La routine nous lasse. Assis ou debout sans rien faire, nos projets suspendus à la pendule, un travail hors conditions très harassant, une crise financière, toujours en culotte car il n’y a point de sous qui puissent nous obliger à porter des pantalons à poches,…Dans tous les cas on dirait le Coronavirus s’érige en maitre des temps et des circonstances ! Hérésie !!! Plus que jamais nous semblons être fatigués du jour présent,inquiet que demain soit pareil. Mais qu’importe vos figures défigurées, je vais oser poser une question. Je n’attends pas une bonne réponse, Même si les bons élèves capables de répondre sont là  cette fois-ci (ils n’ont plus de vols pour aller à Matignon ou au downing street). Citoyens et citoyennes du monde,est-ce que maintenant ici le volume que vous propose  corona est bon ? Faut-il qu’il hausse encore un tout petit peu ? Faut-il qu’il adoucisse un peu ? A-t-on compris ses leçons ? Ou voulez-vous quelques heures supplémentaires ? Est-il temps d’arrêter, de demander à l’enfer, à la terre ou au ciel, selon d’où il est venu, d’arrêter cette pandémie qui ravage ?

    En tout cas il me faudra une réponse, me dire si le volume vous semble bon ou si on réajuste encore.Alors, dites-le fort, très fort en réponse : Est-ce que le volume est bon ?Je ne vous capte pas…

    La routine épuise, je vous comprends. Certains ont peur de l’ennui, d’autres ont peur de la faim, chacun connait ce qui l’attriste. Normal donc que vos réponses soient inaudibles. Mais je saurai ce que vous en pensez. Je saurai ce que vous avez appris, les leçons que vous avez notées, la morale que vous en avez tirée.

    Après la pandémie, quand on parlera du réchauffement climatique avec ces gaz à effet de serre destructeurs de notre couche protectrice, je verrai si vous avez enfin compris qu’il est possible de nous contraindre quel que soit notre puissance à limiter l’activité industrielle, et peut-être donner à notre nature cruellement polluée une espérance de vie. Oui, après ici rien ne changera car il faut encore de milliers d’années pour reconstruire ce qu’on a détruit durant des milliers d’autres. Mais on saura qu’il est possible de décélérer le délabrement de notre maison commune. Je reviendrai sur ce sujet écologique exclusivement dans un prochain article.

    Mais après ici je saurai si le volume a vraiment été bon, je verrai si les Présidents africains qui aiment jouer aux marionnettes ont enfin compris que la diplomatie ne se résume pas aux séjours luxueux en Occident, qu’il est possible de diriger à partir de chez soi en y restant sans offenser une quelconque relationextérieure. Oui je verrai si le volume leur a été bon .Je reviendrai chez vous tous pour me rassurer quevous avez enfin compris que Dieu n’habite pas les églises, qu’il habite plutôt dans nos cœurs et nos familles, que nos tours à dans les églises, mosquées et synagogues ne valent rien si nos familles sont à genou et nos cœurs insalubres, que les sommes que nous laissons dans les édifices peuvent relever nos voisins qu’on ne voyait guère avant la pandémie. Je ne sais pas si le volume est bon pour que nous le comprenions maintenant. Mais je viendrai m’en imprégner après. Je viendrai voir si vous, élèves et étudiants vous avez survécu avec votre mental, que comme le dit merveilleusement bien le jeune slameurcongolais Ghislain Kalwira, vous avez enfin compris à l’unanimité que l’école n’est pas aux cours, qu’on peut vivre sans y aller et demeurer savant, que le salut de nos cerveaux se trouve là même dans nos cerveaux et non au tableau. Je passerai et repasserai dans vos rangs pour voir votre rebond. Je viendrai voir si vous avez compris qu’il est possible de vivre sans les matchs de ligue et survivre, qu’il est possible de vivre sans aller au cinéma et faire vivre. Je viendrai voir si vous avez vraiment compris que la vie est d’abord en vous et dans l’amour des autres, et non dans le conditionnement aux blingbling et aux opiums des masses.

    Vus la crise sur vos visages, les trous de vos poches,les ennuis de vos journées, vos télétravaux harassants, vos promenades limitées pendant tout ce moment, je me permets de croire que vous avez pris du temps pour tout comprendre, tout apprendre. Ou du moins l’essentiel.

    Sinon, peut-être alors Coronavirus reviendra du ciel,de la terre ou de l’enfer avec plus d’amplification, il augmentera son volume pour faire éclater nos tympans, il n’aura aucune pitié et mettra le max de son volume pour cette fois ne pas vous donner une seconde chance d’écouter. Oui, il reviendra pour exterminer cette race des insolents. Et ce sera la fin,la chute de cette humanité qui ne comprend plus les signes de temps et qui ne veut pas comprendre.

    Ma plume, elle, survivra. Contre vents et marrées,elle écrira. Ses papiers et supports ne seront ni mouillés ni emportés. À la manière de Vigny ma plume les gardera dans une  bouteille, la jettera à la mer pour que ceux qui auront les yeux, les oreilles et l’esprit la trouvent, l’ouvrent, lisent et comprennent.L’ouragan sera fort, Corona sera encore plus violent ici comme là-bas.

    Avec une démarche calme, la petite Hyacinthe me cherchera dans une pièce, elle me trouvera sur ma table en train de griffonner encore quelques vers.D’un ton inquiet, elle me demandera : « Alors, est-ce maintenant la fin du monde ? ». Je me tournerai vers elle, je la regarderai droit dans les yeux et avec un petit sourire rassurant je caresserai ses cheveux d’enfants en répondant : « Non petite .C’est plutôt la fin d’un monde ».

    Jacinthe Maarifa DUICKEM

    jacinthemaarifa777@gmail.com

    Illustration: Binet Paul et Elisha ABUMBA

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