Et si on l’on levait le voile sur l’île de Gorée. Ça te tente ? C’est vraiment loin, On va emprunter tour à tour la voie aérienne, routière et maritime. Tu es prêt(e) ? Alors, allons-y. Serre ta ceinture et accroche-toi.
Nous voici à l’aéroport International Blaise Diagne de Dakar, après 26 Heures de vol en provenance de Goma, RDCongo. Quel trajet, Ouf ! Ça grouille du monde et les va et vient des passagers et accompagnateurs, normal. Bienvenue au pays de la Teranga (Terre d’accueil). Prenons maintenant une automobile qui va nous amener au port de la capitale Sénégalaise, Dakar. En attendant Je te laisse contempler de belles routes goudronnées ainsi que des bons bâtiments construits à perte de vue, le long du parcours.

Et voici devant nous la mer, disons l’océan Atlantique, nous devons le traverser pour échouer sur l’ile, on ne le fera pas comme Salvatore Chimino, le nageur qui a fait le rooting Ile d’Idjui-Goma (RDC) par la nage, d’ailleurs moi je ne sais pas nager ; la peur au ventre. On va prendre une chaloupe, tu connais ? Au fait, ce n’est pas trop différent des canaux rapides de chez nous, Goma, RDC.
Comme tu peux le constater, nous ne sommes pas le seul à venir ici. Chaque jour des touristes fusent de différents pays arrivent au pays d’Abdou Diouf, visiter cette Île à haute signification symbolique sur la traite des noirs, une page ignominieuse de l’histoire de l’humanité. Le voyage ne sera pas long, t’inquiète, nous y serons dans une vingtaine de minutes.

Voici Gorée, c’est joli n’est pas ? Que du wow ! Sur ce ‘’continent d’esprit », pour emprunter l’expression utilisée par un poète canadien, des noirs étaient captivés avant d’être embarqués dans les bateaux comme esclaves, poings enchainés et sans ménagement. La liberté et la dignité étaient au frigo. On estime à peu près de près de 30.000 esclaves durant les trois siècles de commerce d’esclaves.
Ainsi visitons la ‘’ Maison des esclaves ’’, ici se trouvent des cellules, chacune d’elles mesure 2 mettres 60 carré, elles accueillaient chacune entre 15 et 20 noirs, bonjour promiscuité. Aucun lieu de dégagement. Ces cellules sont séparées suivant le sexe et l’âge. Ces noirs n’étaient libérés de leurs chaines qu’une fois par jour, c’était pour leur permettre d’aller aux toilettes ou pour manger.

Deux autres cellules sont intéressantes : la cellule des récalcitrants et celle des inaptes temporaires. La première recevait les esclaves fougueux ou rebelles, n’a pas de fenêtre et trop étroite où il est difficile de se tenir debout ; la seconde accueillait les esclaves de moins de 100 Kg, le temps de les voir récupérer le kilo exigé dans le « deal » (100kg minimum).
Terminons notre visite à la Porte dite du ‘’ Non-retour ’’, cette porte donne directement accès à l’océan, on l’appelle ainsi car effectivement celui qui franchissait la porte ne revenait jamais, des noirs y passaient en étant enchainés au point qu’ils ne sauraient même s’échapper, sinon se jeter à la mer et servir de met aux crocodiles ; du suicide.
Tu n’es sans doute pas fatigué et il fait beau sur l’île, l’esclavage est loin dans le dos de l’histoire. Je te laisse poursuivre la visite sur d’autres sites de l’ile. Tu y trouveras l’école des filles ‘’Mariana Ba ‘’, un marché et des boutiques artistiques et l’église Saint Charles-Borromée où le pape Jean Paul II a célébré une messe en 1992, au cours de laquelle il a lancé de mots justes et durs ? : « …des hommes, des femmes et des enfants noirs ont été victimes d’un honteux commerce auquel ont pris part des baptisés, mais qui n’ont pas vécu leur foi. (…) Il convient que soit confessé, en toute vérité et humilité ce péché de l’homme contre l’homme, ce péché de l’homme contre Dieu. (…) Nous implorons le pardon du ciel ».
Merci de m’avoir tenu compagnie, place au repos. Viens maintenant à table sous ce parasol, tape-toi ‘’Le thiéboudien’’ plat sénégalais composé du riz accompagné du poisson ou du poulet. Myammyam, délicieux. Coté boisson, je te propose le Bissap (Boisson nationale) ou alors la cannette Flag. Ouf, la soif est étanchée. Finie la brève visite guidée dans la Maison des esclaves.

La culture est l’âme des peuples, disent les anciens. Plus jamais la traite de l’homme !
Albert Isse Sivamwanza



















©️Ghislain M.
