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  • Guerre Russie-Ukraine ; l’éveil hypocrite condescendant

    Guerre Russie-Ukraine ; l’éveil hypocrite condescendant

    Aucune lecture en effet ne serait fluide et profonde si les échos de la voix qui repose sur une page sont terroristes, si lacouleur de la page pique tels les éclats d’une bombe, si la couverture de chaque cahier intime est teintée de trahison et de médisance. Voilà pourquoi il me faut être clair dès la genèse ; Ici vous ne trouverez pas une plume qui fait l’apologie du crime, ni une célébration de l’intolérance, ni une banalisation de l’inacceptable, ni une poésie de la peur. Vous y trouverez les derniers récits de gros mensonges longtemps couchés dans les livres de vérité, les clichés d’un sadisme longtemps commémoré, la négation d’une négation de ce que nous sommes de vrai, de puissant, de vital. Et si vous y repérez un crime, surement le seul, ce sera un crime de lèse-majesté, parce que votre majesté n’est pas forcément le mien, parce que l’esclave commence à s’affranchir quand il commence à servir plusieurs Maitres antagonistes. Ceci, parce que cela fait exactement un mois que tous les gardiens des cimetières obligent toutes les tombes à compatir avec un hôpital que le proprio du cimetière brule. Ah oui, les cimetières sont remplis des rivaux réconciliés, disait le Père de la Mecque. C’est peut-être pour cela.

    Mais au fond, c’est parce que ça fait un mois que nous refusons de réfléchir. Un mois exactement que nous sommes pris telles des bêtes de somme dans un formatage volontaire et malheureusement négationniste. Un mois qu’anges et démonsse battent dans un enfer où ils sont tous fils naturels du shetan; c’est que l’on nous présente comme invasion de l’Ukraine par la diablesse Russie. Avant de continuer je laisse un espace vide, tenez-le pour une minute de silence… Une minute de silence pour un peuple ukrainien pris tel un agneau à sacrifier à la place d’Isaac, l’échec d’une hégémonie.

    Nous sommes en train d’assister à la fin d’une hégémonie qui a duré presqu’un siècle, Edgar Morin l’avait prédit dans son discours sur la mondialisation. La cohorte dirigée par les USA n’a plus de GPRS pour sa suite, des nations frustrées avec à la tête la Corée du Nord sont sortis de la moule, et l’OTAN s’inquiète, la foule a désormais une âme.

    Mais pour cela il faut balancer ses dernières forces, comme le soupir agonisant d’un mourant. L’OTAN veut habiter à la porte de Poutine, et ce à travers un logis en Ukraine. Poutine réagit, géo stratégiquement parlant c’est réellement une menace pour lui. Comptez avec moi le nombre de présidents américains qui ont eu des insomnies sévères parce qu’à leur porte habitait un régime communiste florissant ; le Cuba de Fidel Castro. Autant le Cuba a longtemps été une menace pour les Etats-Unis et ces derniers ont tout fait pour y faire face, autant Poutine trouve en une Ukraine membre de l’OTAN une réelle et vive menace. Et puis on n’est pas obligé d’user de mêmes moyens. Mais je ne vais pas enseigner ici un cours de Géostratégie mondiale, je n’en ai ni le poids ni la religion ni le souffle, je ne reprends que des évidences auxquelles la conscience d’aucun Homme de bonne foi ne saurait esquiver.

    Par ailleurs je vais donc revenir à ce qui se déconstruit et qui doit être dit clairement pour ne plus régénérer.

    La nuit du 24 Février dernier, la Russie, conformément aux informations balancées par les renseignements américains, lançait l’assaut sur le territoire ukrainien. Je ne reviendrai plus sur les analyses militaires, parce qu’il n’y a pas débat là-dessus. Je reviens plutôt sur ce qu’il y a de plus cruelle dans notre naïveté et ce qu’il y a d’abrutissant dans notre imaginaire collectif commun, comme l’aurait dit le savant congolais d’heureuse mémoire le Professeur Ka Mana. Je reviens sur la face éclairée de notre propre honte.

    Le lendemain, dès la matinée tous les médias occidentaux crient au lynchage d’un Etat voyou (je le concède si je suis leurs paradigmes des Rélations internationales avec une charte de San Francisco très poussiéreuse refusant le recours aux moyens directs de la guerre. Je le réfute aussi si je m’en tiens à la pratique des Relations internationales où le moyens indirects ont fait plus de morts que les guerres, les contraintes et sanctions économiques ayant donné naissance à des Etats mortifères ou la famine est la loi et le mal être physique est la religion.). Ils le savent, dans une guerre pareille au temps où nous sommes, le champ de bataille est plus large et le plus grand territoire se situe dans les imaginaires. Mais seul l’imaginaire des plus naïfs peut être pénétré dans un temps éclair, les médias sont les plus grands canaux.

    Il y a un mois ces médias ne l’ont pas fait pour compatir avec le peuple ukrainien , puisque si c’était le cas la compassion n’aurait pas été géographique. L’humain étant le seul en chair et en sang, la même compassion serait évidente pour le peuple palestinien continuellement envahi par un Etat Israélien qui s’en fout de toute règle et qui, toutes choses restant égales par ailleurs, est aussi donc un Etat voyou. La compassion serait la même pour les peuples du Kivu en République Démocratiquedu Congo, de l’Irak mis à terre par un Bush légitimé par les mécréants, de la Syrie où encore l’écorce d’un Otan et d’une Russie vides d’humanité a laissé saigné les plaies de la région, du Yemen, de la Centrafrique, de la Lybie éventrée, et de tous ces pays où le peuple est meurtri à cause d’une invasion lâcheparfois visible à l’œil nue, parfois masquée derrière des multinationales dont la prospérité n’a pour matrice que lesexploitations cannibales des ressources humaines et naturelles. 

    Ces médias auraient été aussi compatissants à l’égard de tous ces peuples. Mais ces médias ont agi comme l’alter arma, cette autre arme dont il faut appuyer la gâchette pour cracher des invectives et enflammer les moins avertis. Enflammer les plus petits esprits pour qu’ils oublient tous leurs problèmes et aident à indexer un homme qui mange à la même table que celui qui les enflamme. Puisque en réalité, que ce soit l’OTAN ou la Russie, dans leur singularité (je parle de leur autonomie de volonté) ou dans leur pluralité (je parle des idéologies diffuses et des alliés conscients ou inconscients) sont deux face d’une même médaille qui s’appelle prédation monstrueuse. La seule nouveauté est que maintenant dans la maison il y a deux maitres sui cohabitent mais qui ne s’entendent pas. Et c’est peut-être ça qui réjouit un peu l’esclave.

    Mais ce qui devait plus l’attrister et l’enrager, c’est ce tri entre les souffrances, cette répartition des détresses, cette mise en valeur inopportune d’une souffrance. Pour des réfugiés qui fuient la guerre en Ukraine comme tous les autres qui viennent d’Afrique et du moyen orient ; l’Union Européenne a procédé l’activation totale du dispositif intégré de l’UE pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise (IPCR), un dispositif apparue pourtant vers les années 2000(malgré qu’il a subi une évolution au cours du temps) au lendemain de plusieurs événements dramatiques, notammentles attentats du 11 septembre, les attentats à la bombe de Madrid en 2004 et de Londres en 2005 ainsi que le tsunami qui a frappé l’océan Indien en 2004, mais qui n’avait jamais été appliqué aux autres réfugiés qui quittent leurs pays dans les mêmes conditions et dont la détresse est inestimable. Juste parce qu’ils sont noirs ou arabes, juste parce qu’ils apparaissent comme des parias, comme la somme des souffrances du monde dans une équation dont ils ne sont mêmes pas concepteurs. Oui à eux ce dispositif n’a jamais été en vigueur. On cherchera à maquiller cette discrimination cruelle par un juridisme creux, mais c’est tout simplement parce qu’ils sont noirs et arabes. Eh bien, ce conflit nous a permis de voir cette Union Européenne dans sa vraie peau de raciste, de négationniste. Peut-être cela aussi cela devrait réjouir cet esclave, qui connait désormais que le moine qui lui donne chaque matin de l’aumône n’est qu’un diable en soutane.

    Mais en réponse, l’Afrique a répondu en premier ; s’alignantsur une ligne imaginaire, entre les « pour » et les « contre », et la troisième bande des abstentions. En première ligne, nos Chefs d’Etat, ces nègres de maison, qui n’ont de beaux yeux que pour exiger l’enquête quand la fenêtre de la maison du marchand est cassée. Alors qu’eux vivent dehors et ne savent qui a vendu frauduleusement leurs maisons. Je les plains ces tonneaux vides, je les plains chaque fois que j’y verse de l’eau.

    En un clin d’œil ils ont oublié les problèmes de l’Afrique et ont tous condamné l’invasion spectaculaire. Encore une fois pas par compassion, sinon ils l’auraient été devant leurs concitoyens qu’ils asservissent eux-mêmes par une gouvernance nauséabonde qui les transforme en des sous hommes condamnés à vivre comme des cancres que tout le monde écrase en toute impunité, alors qu’eux dans leurs palais ils célèbrent leur sottise magnifiée, leur imbécilité qui prête malheureusement très souvent serment selon les règles de droit en dérision. Ce n’était donc pas par compassion. C’était par instinct de survie de leurs pouvoirs illégitimes. Pour ça il fallait donc sortir de leurs gites de déshonneur tels des esclaves en caleçon, suivre le mot d’ordre de leurs parrains, s’aligner, dire un discours vide mais que les médias des maitres devraient se charger de relayer, parce que pour créer une génération d’imbéciles il suffit juste de lui proposer du banal, du folklor, du logiquement irréfléchi, de fondamentalement inexistant, et à la fin elle croira que ce cela qu’il faut. Les Présidents africains aujourd’hui, je vous mets au défis de m’en présenter une exception, sont le germe decette génération dont je parle, celle du nul, celle du vide, celle qui se vante du droit d’être imbécile. Cet épisode Russie-Ukraine nous l’a encore une fois démontré. Parmi eux, ceux qui ne restent jamais chez eux, ils fuient les problèmes de la maison, ils sont tout le temps en voyage, ils vagabondent ici et là et ont complétement ignoré ce qu’il y a du charismatique dans un fauteuil présidentiel, ce qu’il y a d’obligation dans le service à la République, ce qu’il y a d’exigeant dans la représentation d’un peuple. Comme s’il y avait des chiques dans leurs chaussures, ce sont de ces hommes que l’Afrique est malade aujourd’hui. Parmi eux aussi, ceux qui ne sont visibles que pour décerner des prix et cracher sur le front des pauvres citoyens battants dont les efforts ne sont jamais reconnus. Parmi eux aussi, ceux qui sont vides et qui en sont conscients, mais qui restent au pouvoir parce que leur peuple a cultivé aussi un vide en lui, il n’est plus exigeant, il s’est naturellement résigné.

    Le conflit Russo-Ukrainien présente donc une douleur ; celle de voir un peuple livré à lui-même qui n’est protégé ni par celui qui a fait de lui une cible (l’OTAN-Une leçon aussi pour ceux qui pensent que des regroupements tels l’OTAN peuvent leur venir en aide quand leurs intérêts ne sont pas directement menacés). Il présente aussi une évidence ; ce qu’on appelait « tiers-monde » est malade de ses présidents maquettes. Il présente aussi une exigence; celle de rompre absolument avec les médias occidentaux dont la mission n’a jamais été d’informer, mais plutôt de formater. Un homme averti en vaut deux, dit-on. Mais qu’en est-il d’un peuple averti ? Il vaut un oasis d’espoir de survie dans un désert où la vie a tari, il vaut une embouchure de lumière au bout d’un fleuve de médisance, il vaut une eau vive sur la croix de Jésus à place de la ciguë, il vaut la jonction de l’honneur et du respect au fond d’un canal d’humiliation, il vaut la divinité dans un monde sans foi, il vaut la grandeur dans un esprit tout petit autoproclamé.

    Jacinthe MAARIFA

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