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  • Jacinthe MAARIFA, libre et clair dans ces mots, revient avec un nouveau texte dans le contexte du Corona Virus…

    RÉSILIENCE TU ES, EXEMPLE DE RÉSISTANCE

    Jacinthe MAARIFA

    Apres « *S’arrêter sentir la pitié* », je vous ai promis revenir bientôt, mon bientôt n’est pas celui de Jésus. C’est évidement celui de Jacinthe. Me revoilà griffonner encore quelques lignes toujours dans ce contexte de Corona Virus.

    Exceptionnellement je serai ici très singulier. Tout autant, cela ne m’empêche pas de rendre un hommage parlant à Pape Diouf, l’un des fruits mûrs d’Afrique emporter par Corona.

    Depuis quelques jours maintenant Goma a été cette fois officiellement frappé par le Corona Virus. Je ne parlerai pas de vos tensions cardiaques actuelles. Chacun s’est senti frappé, plusieurs angoissés. La peur nous a conquis. En même temps j’ai consacré quelques minutes à penser cette majestueuse ville. Rappelons-nous un peu d’histoires.

    En effet, la première réelle frappe que subit Goma remonte à l’année 1994, Goma est devenu plus ou moins peuplé à l’époque et soudain la ville reçoit des milliers des refugiés Rwandais fuyant les obscurités du Génocide dans leurs pays. Personne ne s’y été préparé, les humanitaires sont débordés ,les maux jubilent. La famine, la peur et la précarité font ravage. Dans les rues et ruelles de Goma gisent des cadavres partout. Plus tard, l’on sait qu’à l’ouest dans le quartier Mugunga un camp de transit pour refugiés sera bombardé par des nouveaux tenant du pouvoir à Kigali, ils accusent le dit camp d’héberger les génocidaires. Goma sent mauvais, la ville tend à être effacée.

    Curieusement ce ne sera pas le cas, Goma s’en sort, renait, rayonne et pendant les deux années qui ont suivi, Goma se reconstruit. Mais un autre choc ne tardera pas.

    Entre 1997-1997, Goma se mis à genou de nouveau . AFDL veut prendre Kinshasa et chasser le Maréchal, pour ça il faut prendre Goma comme porte étendard de la conquête. Goma subit le choc et s’en remis.

    En 2002, Goma est à la porte de la tombe, son voisin, le géant volcan Nyiragongo ne veut plus de lui. Il veut détruire la ville et s’en débarrasser pour du bon. Et Goma reçoit la plus douloureuse de gifles.

    Goma supplie, pleure et déplore mais Nyiragongo ne l’exauce point. Nyiragongo ne demande que la dépouille de Goma, il est au point de l’avoir. Sauf qu’après le ravage, Nyiragongo se retrouve déjà dans le lac Kivu avec ses laves et remarque que derrière lui il n’a pas tout détruit. Il est resté quelques résidus de terres, des décombres, des quartiers et édifices. Le très grand Nyiragongo est en colère mais il ne peut plus revenir en arrière.

    Goma a résisté, il n’est pas mort. Goma panse ses blessures, il se lève, il marche et redevient magique. Pendant plus d’un lustre, Goma retrouve son image, il s’envole du plus bel élan. Il acceuille les compatriotes qui fuyaient en ce temps là les affres à l’intérieur du pays, il cherche pour eux des abris, pour eux il agrandit ses quartiers. Goma rate un choc encore une fois quand face à la roquette du CNDP déjà à ses portes en 2008, Goma exhibe une gerbe des fleurs à Laurent Nkunda avec un petit sourire. Laurent NKUNDA et son CNDP sont charmés et font demi-tour.

    Goma gagne, devient une ville flamboyante, séduisante, épatante. Goma devient une ville de mes tantes.

    A l’occasion des 50 ans d’indépendance du Congo, Goma est déjà éclairé. Une année avant,Goma avait su être prévoyant.

    Aux deuxièmes élections présidentielles, tous les candidats présidentiels viendront charmer la ville la plus vivante après la ville des Kuluna. Goma a grandi avec ses ambitions et ambitieux avec ces 265 candidats à la députation nationales, c’est plus qu’un chapelet. Mais la ville de Goma n’a pas fini d’être jalousée.

    Le Mouvement du 23Mars l’envie, il veut la diriger. Le 20 Novembre 2012, le M23 nous catche. A 12 heures le M23 se réjouit des entrailles de Goma. Pour eux, Goma était tombé.Mais Non. Par sa force invisible et invincible,Goma fait partir ses bourreaux un mois après sans coup de feu. Oui, sans coup de feu puisque la patrie est la pire des rébellions, je l’aurai dit plus tard dans un texte slam des vœux.

    Et Goma repart de plus belle,le sourire sur les visages de ses habitants malgré les soucis. Le lac Kivu de plus en plus merveilleusement quadrillé malgré les interdits. Les routes de plus en plus enjolivées malgré les fragilités de nos souliers. Et bien sûr une population galopante avec des universités-champignons, Goma vibre et sonne. Alors, vous pouvez activer le mode vibreur ou la sonnerie, ça ne dérangera personne. Goma vous donne le choix

    Des jeunes engagés qui exigent la démocratie, Goma ville de la révolution. Une population éprise de liberté, même Kinshasa attend que Goma entonne en premier le refrain.

    En 2019 on se rend compte que la panique s’était juste cachée derrière notre maison. Ebola, ce virus qui partait de l’équateur pour être à son domicile dans le nord du Nord-Kivu vient s’installer sur nos canapés. On panique, on voit la chute venir mais Goma se mobilise, il observe des mesures d’hygiènes et se protège, il se sensibilise, il résiste, Goma vaincut aussi Ebola contre toute attente. Là où les gens craignaient voir une ville mouvementée s’effondrer, la capacité de se soutenir fit l’affaire.

    Et aujourd’hui Corona Virus. Le plus craint des virus, le plus terroristes de virus. Le plus redoutable du temps, il a déjà, il tue les grands. L’angoisse conquiert les âmes. Nombreux préssentent l’apocalypse . Mais moi j’ai foi.Je crois que tu t’en sortiras Goma, que tu te relèveras, que comme Ebola, tu ne connaîtras pas dix cas de Corona virus, que tu garderas intact et sain ton peuple, il s’appelle Bana Dego. Je crois du plus profond de moi que la force qui réside en toi Goma investira tes habitants, qu’elle les poussera à s’auto-discipliner, à observer scrupuleusement les mesures d’hygiène recommandées; se laver régulièrement les mains avec une solution hydro-alcoolique, respecter une distance d’au moins 1m50 entre humains, ne pas éternuer dans sa paume de main mais user plutôt du creux du coude, éviter des rassemblement, éviter de se toucher au visage et à la limite ; rester chez soi lorsque le risque est sévère. Oui, la force qui te sauve Goma, investira tes filles et fils pour abattre le corona virus, forcément.

    Et tout redeviendra normal. Birere redonnera le ton, Office et ses enfants désormais frimeurs vibreront. Le centre-ville rouvrira ses bars. TMK revivra sa promiscuité, Katindo et Himbi veront enfin leurs clôtures rouvertes et n’auront plus la salle habitude de fermer les portailles la journée (Aujourd’hui ils veulent ouvrir mais personne ne vient toquer), Kituku et Keshero rêveront les belles filles qui viennent de chez nous pour la Sapientia ou ULPGL. Ndosho refera ses plains dans ses Kasoko(petits marchés) du soir et ses arrêts bus, Mabanga et Majengo envahiront le 1Km, Katoyi et Kisoko se reuniront autour des bisodos(les commerages de rue)et enfin Turunga d’où je vous écris ne verra rien changer avant, pendant et après Corona, des hommes et des femmes jubilent autour du mangwende(boisson fortement alcoolisée,symbiose de plusieurs céréales). C’est ça aussi Goma.

    A ce moment , je pourrai exhiber cette éternelle devise de l’Office en mettant Goma au lieu de Mangenda pour dire que GOMA NE TOMBERA JAMAIS.

    Oui, à ce moment et c’est pour bientôt , je pourrai vociférer et reprendre avec fierté ce titre qui est un vers vivant d’un des meilleurs slameurs de notre génération , *Ben Kamuntu*, en disant : *‘’Résilience tu es, exemple de résistance tu es’’*

    Par Jacinthe MAARIFA

    Illustration Elisha ABUMBA et Binet Paul

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