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  • L’éducation congolaise au chômage, Ghislain Kalwira nous fait remarquer le contraste…

    L’éducation congolaise au chômage, Ghislain Kalwira nous fait remarquer le contraste…

    Ce message n’est pas adressé au Seigneur… au cas où certains seraient tenter de me penser athée. D’ailleurs l’éternel est mon berger, je ne manquerai de rien.

    Monsieur le président, tu es peut-être le berger de la nation mais cela ne fait pas de nous tes moutons.

    Belle  lurette ça fait qu’on l’on célèbre, d’une part la journée des parents et d’un autre la journée mondiale du travail. Journées déclarées fériées. Ou dirai-je l’accoutumance veut à ce que ce soit des journées « FAIT RIEN ! ». Attention, ouvre ton magasin et tu ne tarderas pas à faire connaissance avec quelques gentils brutaux policiers. Pour ceci je n’ai aucune reproche Mr le président… c’est normal de faire la fête en guise de mémoire et de célébration des efforts fournis.

    Respire, Monsieur le président… Le temps que je prends une pause pour rendre un vibrant hommage aux potiers de la patrie qu’on appelle communément enseignants. Celui qui a fait que tous les travailleurs soient appelés ainsi.

    Sans prétention aucune, sans « enseignant », nous tous serions bêtes et y compris toi, monsieur le président. Comment concevoir qu’on saute de « bababababa » ou de « mamamamama » à « bonjour » ? que l’on passe de : « les jours de la semaine sont : lundi, fevrier, 12 heures, samedi, décembre… » à « la démocratie est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple » ? La réponse est simple, Mr le Président : Parce que celui que votre système a décidé d’abandonner au destin du hasard fait un merveilleux travail que malheureusement personne ne remarque et considère comme un travail mécanique comme celui fait par exemple par un meunier qui appuie sur la commande du moulin et, hop ! On obtient de la farine.

    Voici ce qui est mystérieux avec la tragédie, Mr le président ; à chaque fois que l’enseignant finit de préparer tardivement ses leçons, se repose, très fier, avec le sentiment du devoir accompli et demain il se réveille sans pouvoir de s’offrir un petit déjeuner. Il arrive à l’école, ramassent nos devoirs avec enthousiasme, révise la matière d’hier avec sourire et est fier de nos réponses malgré les trous de mémoire persistants. Comme le dit François de Closets, «Un bon professeur peut captiver les classes rétives et rendre vivants les enseignements les plus mal conçus. Il peut tout sauver». Tel est le miracle de l’école ! Et tu sais quoi Mr le président ? Toute cette joie de vivre avec un petit salaire minable ne lui permettant pas d’unir les deux bouts du mois. Je n’ai pas à le citer, tu le connais mieux que nous tous. C’est toi qui l’avais fixé non !!!

    Comme le dit un poète, il faut avoir un diamant à la place du cœur pour être enseignant. Quant à leurs mois impayés, j’espère que tu es innocent et que c’est à ton ministre de l’éducation de répondre de quelque potentielle malversation. Alors, qu’il en réponde ! A chaque fois qu’il trébuchera, fais-toi plaisir de lui foutre la misère dans la cellule d’à côté de Vital Kamerhe.

    L’enseignant est celui qui sourit aux enfants en bleu blanc, tire leurs oreilles afin qu’ils deviennent des hommes après le banc.

    L’enseignant est celui-là qui rêve voir son élève payer un jour un véhicule et l’y faire monter. Il rêve s’asseoir dans un véhicule payé grâce à au truchement de sa sueur. Payé parce qu’un jour il a appris à l’enfant à lire et à calculer.

    L’enseignant est celui qui ne prend jamais de ride parce que la misère lui inflige un sport involontaire, lui oblige de parcourir des distances à pieds, parce qu’il doit assez parler et le pauvre passe une bonne partie de sa vie debout.

    L’enseignant est le forgeron du poète qui ne lui fera malheureusement aucune strophe, il est le potier du mécanicien occupé à tester des véhicules et ne pense jamais à s’arrêter pour un bonjour quand il croise l’enseignant.

    Mystère !!!!! Tout ceci ne diminue en rien l’energie et l’amour de l’enseignant pour son travail. Normal, contrairement à nous, il a choisi l’amour, le plaisir et le bonheur de l’autre comme salaire et a dit non à l’argent.

    Mr le président, si j’étais sculpteur ; à la place de la statue de la liberté je dessinerais un instituteur maigrichon avec un visage heureux et à une allure joyeuse.

    Si j’étais musicien ; je consacrerais une mesure pour l’enseignant dans l’hymne national.

    Si j’étais hollywodien,   je decernerais un Oscar à l’enseignant qui a supporté toutes ces scènes d’endurance et qui a fait preuve du sens de sacrifice élévé.

    Monsieur le président, nous ne sommes pas tes moutons. Souffle un autre coup le temps que je place deux ou trois lignes en hommage à ceux-qui tremblent quand nous avons peur, à ceux qui frissonnent quand nous avons froid, aux anges humains ; nos parents. Je sais que mes lecteurs se disent : « souvent quand Kalwira parle de deux lignes, il en fait des pages ». Cela ne depend malheureusement pas de moi, chers gens. Tout est question d’inspiration et du dégré d’indignation.

    Qui sait si l’indignation serait au créneau ne me fera pas piquer une de ces colères et m’obliger à tout effacer ? bah, non ! comme vous lisez ces lignes donc cela n’a pas pu arriver. Tout va au gré de la tension de ma plume !

    Hommage à nos parents qui, sans grand chose, subviennent à nos besoins quotidiens. Mais comment comprendre qi’lls fassent leur part et que quand il faut fournir eau, électricité et de bonnes écoles, le gouvernement abandonne la population au hasard de l’inventivité.

    Entre nous Mr le président, où passe l’argent alloué à ceci ? Mr le président en passant aujourd’hui je suis tombé, dans mon ordinateur, sur une interview de Vital Kamerhe dans sa «propre intimité» comme le disais la journaliste pour parler de son domicile. Il y avait en back ground une jolie piscine, une magnifique Porsche et une autre voiture qui ne se laissait pas voir assez bien. J’espère que ce ne sont pas des biens mal acquis ! Oui… C’est mon droit de m’y immiscer. En tant que citoyen !

    Nos parents fêtent la journée du travail alors qu’en vrai c’ est la seule journée où ils peuvent regarder en spectacle les défilés des travailleurs quand eux sont au chômage.

    Monsieur le président, nos parents sont ces médecins qui ne cessent de bien sauver ta nation malgré le salaire maigre. Nos parents sont ces avocats qui voient leurs clients être soumis à des servitudes pénales générales pourtant, innocents ! Oui, parce que le juge a été corrompu. Nos parents sont ces agents de la SONAS, de la REGIDESO et de la SNEL qui ne se contentent que des numéros matricules et ne se préoccupent point du service.

    Nos parents sont ces anges qui sans moyen ni défense prennent soin de nous jusqu’à ce que nous devenions des hommes et des femmes.

    Mr le président, tel un berger tu devrais nous fournir l’eau et la nourriture, et penser après à nôtre laine. Tel un irresponsable et un non attentionné, tu pense à notre laine et notre état ne te dit absolument rien.

    Tu penses tellement à accumuler des richesses à travers nous que nous ne sommes réduits à de simples objets de recette ! Mr le président, j’aimerais que tu saches qu’un pays pays riche est celui où les citoyens font plus de recettes et non le gouvernement. Monsieur le président, j’aimerais que tu nous en donne un peu plus : que tu arrêtes d’envoyer toute une délégation à Uvira lors des inondations et que l’argent dépensé lors des vols, navettes et réservation hôtel & restaurant de luxe serve de subvention aux familles victimes.

    J’aimerais que tu arrêtes de dépenser des millions dans les plénières et que tu penses à ces anticorps du pays que j’appelle armée. Mr le président, j’aimerais que tu arrêtes de te la jouer homéostasique, que tu t’arrêtes un moment et que tu sentes la pitié. Mr le président, j’aimerais que tu lises ce message personnellement parce que tu es sensible. J’aimerais tellement que nous arrêtions de travailler pour l’eau et la nourriture tels des moutons.

    Nous ne sommes pas des moutons ne vivants de la nourriture et de l’eau. Donne nous un peu plus ! Allume la flamme de ton amour et tu verras que comme tout le monde tu as de l’amour à revendre.

    Je suis à la fin monsieur le président. Tu vois ? Je peux parfois être doux non ! J’essaie de converser poliment avec toi. Rien de plus !

    Nous ne sommes pas des moutons.

    Discours d’un confiné, Artiste comédien et slameur.

    Texte: Ghislain KALWIRA

    Illustration: Binet Paul

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