Ouvrons nos rideaux sur le théâtre, ce pan de la culture qui résiste à l’avènement des NTIC. Ce samedi 09 Avril l’Université Catholique la Sapientia (à Goma, Nord-Kivu, Rdc) était hôte de la pièce »Confessions féminines ». Celle ci met en scène FITINA, SHANGILIYA et KISUMAKALI, 3 actrices comédiennes du groupe Gaarj (groupe d’actions assemblées pour la résilience juvénile).
La salle Noël Ange était pleine comme un oeuf d’un public diversifié, essentiellement d’étudiants. Cette pièce théâtrale est du genre humour et fou rire, martelant les réalités vécues par les femmes dans la société congolaise. Elle accuse les inégalités présentes mais quasi normalisées et/ou banalisées entre les hommes et les femmes, déjà dès l’éducation de base dans plusieurs familles.
Chacune des actrices mène une lutte individuelle contre les préjugés auxquels elles font face et les injustices dont elles sont victimes de par leurs statuts ou étiquettes qu’on leur colle dans la société notamment, femme célibataire endurcie, femme libre ou encore femme seule au foyer.

Que dire des acteurs de la scène?
KISUMAKALI, jeune fille qui traîne une instruction scolaire de grand calibre. Surnommée » femme de droit », elle a tout pour réussir; des compétences, des ambitions, des idées pour innover mais que le célibat inquiète. Elle représente tant des femmes dans la société qui n’osent pas exceller de peur de manquer un prince charmant, un homme à leur taille de lady boss; elle représente aussi celles qui attendent encore désespérément un homme comme pour atteindre le parfait bonheur alors qu’elles ont déjà tout pour être heureuse.
SHANGILIYA, une femme au foyer, mère de 7 enfants qui fait tout ce qu’elle peut, se bat comme un diable dans un bénitier, pour subvenir aux besoins de sa progéniture. C’est l’exemple de beaucoup de femmes qui, souvent sans aucun niveau d’étude se démarque quand même. Elles sont cultivatrices, maraichères, entreprennent dans le petit commerce, elles sont l’incarnation du courage et l’abnégation.
Quant-à FITINA, la fille qui pèse, incarne ces femmes qui vivent au dépend des hommes au lieu de travailler, de parasites on dirait. Et sans intention de faire quoi que ce soit de leur vie, elles misent tout sur leurs atouts physiques mais au final se retrouve sans plus rien à offrir et sans compétences pour aucun travail. La beauté, le physique est éphémère.
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» La pièce confessions féminines est pleine d’interpellation tant pour les hommes que pour les femmes. Nous espérons que la pièce fera une tournée partout où elle peut pour que tout le monde prenne ses responsabilités dans le processus de changement et developpement. » argue Arlette, assistante satisfaite de la prestation.

De la plume de Amina MURHEBWA et mise en scène par Jessé BUSOMOKE, ce chef d’œuvre a été jouée pour la première fois à Sake au centre Uhuru le 10 Juillet 2021. Pour cette fois, la présentation s’inscrit dans le cadre du café littéraire de l’Université, un programme réunissant des auteurs qui parlent de leurs oeuvres aux étudiants.
“La culture est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre. » Le théâtre garde encore ses lettres de noblesse.

