Depuis plusieurs décennies maintenant un peuple s’enfonce de plus en plus dans les tueries, massacres, conflits, et toute forme de guerre, nous parlons d’une situation purement injuste qu’aucun autre endroit a subit dans le monde, nous parlons d’une injustice, d’une situation qui semble ne préoccuper que ceux qui la subissent (nous, nos mères, nos pères).

Ecoutez au loin mais ne venez pas. Révoltez-vous mais n’agissez pas, c’est le rythme mais faites au moins une chose : Arrêter de ne regarder que vos intérêts. Arrêter de ne rien faire quand vous êtes décideurs.
Les enfants ne vous ont rien demandé de vos intérêts, Ils ont seulement demandé: le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir.
Oui, vous avez deviné, il s’agit bien de l’EST de la RDC. Comme si c’était son identité, comme si ceci n’a pas suffit, ils veulent nous faire une guerre de plus.
Nos amis de l’Ituri étant encore en fuite nous ont expliqué qu’ils passent des mauvais moments: « Je voulais continuer mes études, car j’étais en quatrième année, mais maintenant il n’y a plus moyen, à cause du manque de ressources. » Gaston 13ans
Notre amie de Beni nous a donné son expérience:
« Sur la route, j’ai vu des hommes armés tuer, égorger, tirer avec des armes et voler des vêtements » Émilie, 15 ans.
Et nous, nous voici aujourd’hui, fuyant nos maisons, nos chants, nos espoirs. Nous avons marché, des kilomètres, nos petits frères ont 5ans et moins… nous avons eu du mal à atteindre le site des déplacés.
« Ici, nous n’avons pas assez de nourriture pour manger » « Quand j’étais au village, je mangeais la nourriture provenant du champ, mais ici nous n’avons rien ». Sara 10ans
Nous dormons avec peu de protection contre les nuits froides et sans assurance dans notre pays.
L’accès à l’eau, la protection contre les éléments de la nature, la nutrition et l’hygiène de base sont autant de questions cruciales pour les personnes déplacées dans les camps. Les services de santé sont limités.
Avec la guerre, il n’y a que souffrance après souffrance… nous n’avons pas confiance en sa fin. Nous voulons la paix.
Le présent article est un appel à toutes les parties au conflit en RDC afin qu’elles mettent fin immédiatement aux mauvais traitements infligés aux enfants et qu’elles respectent les obligations internationales visant à protéger la sécurité et les droits des enfants. Cet appel s’adresse également à la communauté internationale, particulièrement au Conseil de sécurité des Nations Unies, pour qu’elle s’efforce de mettre un terme aux mauvais traitements infligés aux enfants congolais par toutes les parties au conflit et par le personnel international en poste en RDC. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit insister sur les questions de sécurité et de droits des enfants dans les négociations de paix et sur l’urgence de mettre fin à l’impunité en cas de crime contre les enfants. Il doit aussi soutenir l’élaboration de programmes et de politiques visant à protéger les enfants congolais et à améliorer leurs conditions de vie, même en cas de poursuite du conflit.
Vanessa Kilandji,
Activiste des droits de l’enfant à l’Est de la RDC.
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