« … Moi j’ai résisté pendant des mois. Je voyais mes amis s’enrichir, avec le temps je remarquais que je perdais. Mais, enfin, j’ai mis mes parts … c’était en avril dernier d’ailleurs »
« … un ami m’a conseillé de ne pas mettre mon argent dans ce système … j’ai cru qu’il était jaloux de moi »
« … je savais que la finalité de ces genres d’histoires c’est qu’une masse est escroquée au finish, mais j’ai misé sur la notoriété du gérant du système. Son capital sympathique était en jeu et ça semblait me protéger … et puis, je croyais que même si ça arrivera par finir, ça ne sera pas dans moins d’un an »
Des Récitals requiem des victimes.

Chez nous l’expérience ne rend pas sage
Voici plus d’une décennie qu’il se développent à Goma différents système de ristaurne à des taux de plus de 500% à des échéances de moins de trois mois voire même des semaines et des jours. Il s’agit souvent des ristournesayant la particularité d’accueillir tout le monde, chacun intégrant le jour qui lui convient en donnant une contribution, pour après recevoir le même montant multiplié par cinq, six ou même par 20, lesquels intérêts proviennent uniquement des parts des adhérents qui viennent justement après, sous forme de pyramide.
Curieusement départ la présentation de ces systèmes, le risque encouru est clair comme du cristal. A force de voir d’autres retirer de l’argent, plus jamais le fond et la forme du système vaut la peine. Ce qui compte c’est l’espoir de gagner facilement des sommes astronomiques dans un laps de temps. Cet espoir danse jusqu’à ce que le système tombe comme un château des cartes.
De première vu, la question à se poser est celle de savoir : OTTO, DASH, CHAMACHA, …. N’ont-ils pas servi d’expérience à la population ? Sûrement oui. Cependant, des varies questions sont telles que : pourquoi malgré les expériences vécues, ce système a été nourrie ? quels enjeux au niveau socio-économiques, perspective, que signal ce phénomène
A. Une expérience qui profite à l’initiateur, une rationalité limitée qui corrompt l’initié et l’initiateur
En en croire, mettre en marche un système pareil requiert une analyse du contexte ; laquelle analyse a comme soubassement l’expérience des systèmes similaires qui ont existé à Goma. On en compte plus d’une dizaine de phénomène « Pyramide de Ponzi » qui, dans les deux dernières décennies, ont battu tambour et cymbale de joie pour enfin conduire à des mélodies et cries de deuil. Des milliers des jeunes, des adultes et des entrepreneurs locaux ont vu leurs importantes sommes d’argents disparaitre comme une flamme qu’on souffle. N’ayant nulle part où revendiquer, ils arrivaient à prendre leur mal à patience jusqu’à ce qu’il passe à autre chose. Depuis un temps, Goma et ses environs, prennent corps des villes immunisées contre la déception, surtout lorsqu’on se dit que qui ne risque rien n’a rien.
Ce dernier temps, contrairement aux autres ristournes qui ont existé (Otto, etc..), le capital sympathique du créateur est de mise. Nombreux témoignent que la plus grande motivation à adhérer et faire adhérer au système c’est la notoriété du fondateur et les intérêts à ganger. D’ailleurs pour nombreux, ce n’est que ça.
Plus souvent, dans le camp des initiés, la rationalité limitée est vraiment très limitée. Celle-ci traduit qu’en raison de leurs ressources mentales limitées, les gens se basent pour la plupart sur des schémas de pensée préétablis, des influences sociales ou des préférences personnelles (surtout).
En effet, comme garantie de la pérennité, les adhérents croient avoir la renommée de l’initiateur et l’initiateur croient avoir comme garantie la faiblesse du système bancaire et la risquophilie des populations.
S’inspirer de PONZI pour comprendre qu’un tel système n’est qu’un serpent qui se mord la queue.
Charles Ponzi, né en Italie en 1882 et décédé en 1949, était un escroc financier célèbre pour avoir mis en place et exploité un schéma pyramidal connu sous le nom de « Système Ponzi ». Ponzi a promis des rendements très élevés à ses investisseurs en prétendant effectuer des transactions avec des timbres internationaux. Cependant, ses bénéfices provenaient principalement de l’argent des nouveaux investisseurs, plutôt que des transactions réelles. Le schéma Ponzi a finalement été découvert et s’est effondré, entraînant la ruine de nombreux investisseurs. Le nom de Ponzi est devenu synonyme de fraudes financières de ce type.
L’initié peut se référer à l’affaire Ponzi pour comprendre que les schémas pyramidaux comme celui-ci sont intrinsèquement voués à l’échec. Comme l’exemple de Ponzi l’a démontré, un tel système n’est qu’un cercle vicieux où les gains sont basés sur l’afflux constant de nouveaux investisseurs. Cependant, tôt ou tard, le nombre d’investisseurs ne suffit plus à maintenir le système en place, entraînant son effondrement et des pertes financières pour la plupart des participants. Il est important de s’appuyer sur des fondements solides et des stratégies viables plutôt que de s’engager dans des schémas frauduleux et précaires qui ne mènent qu’à des conséquences désastreuses.
B. Enjeux sociaux-économiques, perspectives et signalisation appris de ce système
Ce système de Ristourne soulève plusieurs enjeux socio-économiques importants. Tout d’abord, cela met en évidence les dangers des schémas pyramidaux et des fraudes financières. Les investisseurs sont souvent attirés par des promesses de rendements élevés, mais ils finissent par perdre la majeure partie de leur argent lorsque le système s’effondre. Cela soulève des questions sur la nécessité de réglementations et de contrôles plus stricts pour empêcher de telles fraudes de se produire.
Par ailleurs, RISTAL met également en évidence les inégalités de richesse et les déséquilibres socio-économiques. Les personnes les plus touchées par ces schémas sont souvent des individus vulnérables, désespérés de gagner de l’argent rapidement. Pendant ce temps, les initiateurs du schéma profitent de la richesse accumulée. Cela souligne la nécessité de promouvoir une éducation financière solide et de lutter contre les inégalités afin de protéger les personnes des manipulations financières et de l’exploitation.
Plus encore, au niveau psychologique, nombreux qui ont acheté l’espoir et ont finalement perdu subissent des traumatismes et mettent beaucoup de temps à accepter leur sort. Ceux-ci sont non seulement victimes du système mais aussi pour la plupart coupables des effets du système. C’est le cas de ceux qui ont spéculé et se sont emprunté pour miser.
Au niveau du système financier formel comme informel, il y a risque des faillites ou de baisse du produit net des banques, faillite des AVEC etc. Le pire serait que, si l’initiateur ou les gagnants n’investissent pas au pays, il y aura sorti des capitaux importants, ce qui conduirait à la dépréciation de la monnaie nationale…
En termes de perspectives, ce phénomène doit remettre en cause le système financier et les autorités politico-administratives. Les autorités doivent mettre en place des mesures pour prévenir de telles fraudes à l’avenir. Des lois doivent être mises en place pour protéger les investisseurs et des organismes de réglementation financière. Cependant, de nouveaux types de fraudes et de stratagèmes illégaux continuent d’évoluer, ce qui nécessite une vigilance constante et des mesures de lutte contre la fraude améliorée.
Sur le plan socio-économique, il est important de promouvoir une sensibilisation accrue aux investissements légitimes et à l’éducation financière pour aider les individus à prendre des décisions éclairées. Il est également crucial de poursuivre la lutte contre les inégalités économiques et sociales, afin de réduire la vulnérabilité des personnes aux schémas frauduleux et de favoriser une société plus équitable et juste.
En termes de signalisation, le fait pour la multitude de courir derrière ces systèmes cache des potentialités pour un marché financier organisé. En effet, le système bancaire congolais étant trop fermé et appliquant implicitement le rationnement financier, RISTAL devraient maintenant inspirer toutes les parties prenantes qui doivent être impliquées dans la création des marchés financiers dans de région du pays qu’il y a l’esprit du risque et que paradoxalement, bien que les victimes et gagnants ont droit à la « malédiction du gagnant », ceux-ci n’ont autrement à faire. RISTAL et tous les autres systèmes similaires ne sont pour eux que des « moindres maux ». Appuyé par une éducation financière, l’abondance cherchée en enfer serait trouvée sur terre dans des voies justes et rationnelles.
Gaston BADESIRE MUGUMARHAHAMA, Economiste (Bac+5 en Economie monétaire) et penseur libre.
